Et si nous nous convertissions à l’amour ?

Se convertir à l’amour : changer de direction intérieure

🚶‍♀️‍➡️J’ai suivi avec attention le voyage du pape Léon XIV en France et j’ai écouté plusieurs de ses discours, notamment son homélie à Lourdes.

À un moment, il a parlé de conversion. Et je dois bien l’avouer : ce mot m’a un peu heurtée. Pourtant, je suis moi-même catholique. Mais le mot « conversion » résonne souvent en moi comme le fait de changer de religion, de devenir croyant, d’adhérer à une autre foi avec une forme d’obligation.

Et puis j’ai entendu la suite… Et là, j’ai été profondément touchée, presque émerveillée. Parce que, telle que je l’ai compris, il ne parlait pas forcément de conversion à une religion. Il parlait de la conversion de notre cœur à l’amour. Et soudain, ce mot « conversion » a pris une tout autre profondeur. Il ne s’agissait plus de changer de religion, mais de changer de direction intérieure.

Et si la véritable conversion était celle qui nous conduit vers l’amour ?

Oui, changer de direction pour s’ouvrir à soi et aux autres…Sortir du chemin de nos peurs, de nos tristesses et nos colères, sortir de nos mensonges, sortir de nos vérités étriquées, cicatriser ses blessures pour arriver au pardon et à cet amour inconditionnel qui, pourtant, ne veut pas dire tout accepter de l’autre, mais accepter l’autre et lui donner ce droit à être ce qu’il veut être sans pour cela nous laisser envahir et malmené !

« Quitter les chemins de l’errance pour s’engager sur la voie de la vie, en ouvrant le cœur à une joie qui ne passe pas ». Cette voie là peut paraître utopique… Mais ne vous trompez pas, elle est beaucoup plus difficile à réaliser et demande du courage… Beaucoup de courage… Car ce chemin nous amène à regarder nos blessures, nos flétrissures du cœur et surtout de regarder notre part de responsabilité ! Mais le bout du chemin mène à cette libération du cœur et à cette joie dont il parle !

Puis, dans son homélie à Lourdes, le pape Léon XIV a employé un autre mot qui m’a particulièrement interpellée : la pénitence.

Pendant longtemps, ce mot a évoqué pour moi la culpabilité, la souffrance, le fait de « payer » pour ses fautes, de porter sa croix parce que l’on avait mal agi. Et pourtant, derrière la pénitence se trouve aussi une autre réalité : reconnaître ce qui doit être transformé en soi et s’engager sur un chemin de changement.

Car le mot latin paenitentia renvoie à l’idée de regret et de repentir. Mais dans la tradition chrétienne, ce repentir ne se réduit pas au regret : il appelle une conversion intérieure, un changement du cœur.

Alors, peut-être que la pénitence n’est pas d’abord une punition. Peut-être est-elle cette capacité à regarder honnêtement ce qui, en nous, demande à évoluer : nos blessures, nos peurs, nos colères, nos comportements, nos jugements, nos façons d’aimer parfois maladroites.

Et si nous entreprenions ce chemin non pas parce que nous sommes mauvais et devons être punis, mais par amour ? Par amour pour nous-mêmes. Et par amour pour les autres.Car ce que nous transformons en nous ne reste jamais complètement en nous. Lorsque nous apprenons à moins juger, à mieux nous comprendre, à pardonner, à écouter, à aimer autrement, quelque chose change aussi dans notre relation au monde.

C’est peut-être cela, finalement, la conversion, pas nécessairement changer de religion, mais changer de direction intérieure : Passer de la peur vers la confiance, de la culpabilité vers le pardon, du jugement vers la compréhension, de la fermeture vers l’ouverture.
Et, peut-être surtout, revenir sans cesse vers l’amour.

Alors je me demande… Et si la religion la plus universelle était simplement celle de l’amour ? Une religion sans dogme à imposer, sans frontière à défendre, sans besoin de convaincre l’autre. Simplement, une invitation à devenir chaque jour un peu plus conscient, un peu plus aimant, un peu plus humain.

Et peut-être que finalement, se convertir à l’amour, c’est simplement apprendre à faire de l’amour une manière d’être au monde. Et elle commence par soi-même !

Alors peut-être que, derrière les mots de cette homélie, on retrouve un autre mouvement, profondément humain :

Je regarde ce qui, en moi, n’est plus juste.
J’en prends conscience sans nécessairement me condamner.
Je choisis de transformer quelque chose.
Et je le fais dans l’amour plutôt que dans la culpabilité.
Et cette transformation modifie ma relation aux autres.

💚 Finalement, peut-être que la conversion commence simplement là : Je regarde ce qui doit être transformé en moi et je m’engage sur ce chemin par amour de moi-même et par amour pour les autres.

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