« la fatigue de mes espérances ».
Ce matin, je me suis réveillée avec cette sensation étrange que beaucoup connaissent : « Je m’ennuie… » Pourtant, en y regardant de plus près, rien ne justifiait réellement cet ennui. Je sais m’occuper. J’ai mille choses à faire, des projets, des passions, des envies. D’autres jours, je fais exactement les mêmes choses sans ressentir cette chape de plomb.
Alors, qu’est-ce qui se cachait derrière ce mot si facile à prononcer ?
En explorant cette émotion, un vieux souvenir est remonté. Petite, vers l’âge de neuf ans, je répétais souvent : « Je m’ennuie… » Pourtant, ma sœur me proposait de sortir, d’aller jouer ou de nous promener. Ce n’était donc pas un manque d’activités. Et pourtant, je me sentais seule. Je me suis alors demandé ce que je ressentais réellement à cette époque. Une sensation de vide. L’impression que le temps n’avançait plus. Cette petite voix intérieure qui murmurait : « C’est long… » Et parfois, l’envie de pleurer.
Au fil de cette réflexion, j’ai compris qu’aujourd’hui, mon ennui n’en était peut-être pas un. Derrière lui se cachaient plusieurs besoins : un besoin de partage, de présence, d’élan… mais aussi, parfois, le désir tout simple que quelqu’un prenne soin de moi. Ne plus être celle qui organise, qui porte, qui décide, mais pouvoir, de temps en temps, se laisser porter à son tour.
Puis une évidence est apparue. Ce que j’appelais « ennui » était peut-être en réalité une fatigue de mes espérances. Ces dernières années, j’ai énormément évolué. Je me suis reconstruite. J’ai créé, écrit, peint, donné naissance à un projet qui me tient profondément à cœur. Je sens, intérieurement, que quelque chose a changé. Mais, à certains moments, j’aimerais que le monde extérieur réponde enfin à cette transformation : Que les projets prennent davantage leur envol, que la vie ouvre un nouveau chapitre, que certains espoirs rencontrent enfin une réalité.
Ce n’est donc pas la vie qui m’ennuie. C’est parfois l’impression que l’extérieur avance moins vite que l’intérieur.
Cette prise de conscience ne fait pas disparaître l’émotion. Mais elle lui retire déjà une partie de son pouvoir, parce qu’elle lui donne enfin un nom juste. Car lorsque nous trouvons les mots justes, nous cessons de lutter contre une émotion qui n’était peut-être qu’un masque.
Alors aujourd’hui, je ne dirai plus simplement : « Je m’ennuie. » Je dirai plutôt : « Aujourd’hui, je ressens la fatigue de mes espérances. » Et déjà, cette phrase est beaucoup plus douce. Parce qu’elle ne juge pas. Elle reconnaît simplement qu’après avoir tant semé, il est profondément humain d’aspirer, un jour, à voir la vie répondre à son tour.
🌿 Si cette réflexion résonne avec votre propre parcours et que vous souhaitez échanger, vous pouvez me contacter via le formulaire de contact du site.
🌿 Poursuivre votre cheminement
Cet article ouvre plusieurs pistes de réflexion. Choisissez celle qui vous appelle aujourd’hui.
Réflexion précédente ◀
Retour sur le chapitre « Réflexions sur soi » : L’impatience et le calendrier
Réflexion suivante ▶